Marraine 2010 : Marie de Hennezel

 

 

« Une initiative comme « La semaine bleue » répond exactement à cette nécessité d’ouverture et à cette création de liens. En récompensant des projets innovants dans le but de rapprocher les générations, il s’agit de lutter contre le spectre de la vieillesse naufrage et de montrer que vieillir peut être une chance pour notre société. Me sentant proche de ses idées et de son action, je suis particulièrement heureuse et fière d'avoir été choisie pour être la marraine 2010. »

 

Marie de Hennezel

 

Le débat actuel autour de la question des retraites nous invite à parler de la vieillesse et du vieillir. Il est beaucoup question d’argent, d’économie, de solidarité envers les plus vulnérables. Des questions essentielles, qui témoignent d’une réelle prise de conscience. Mais le fond du problème n’est pas vraiment posé. Vieillir fait peur. Et cette peur n’est pas seulement matérielle. Il ne s’agit pas seulement de la crainte de ne pas avoir les moyens de jouir de sa retraite, d’être acculé par la maladie et la dépendance à vivre à l’écart des siens et loin de chez soi. Il s’agit d’un mal-être qui a sa racine ailleurs. Dans l’interrogation inquiète sur le sens des années qui restent à vivre, et qui rapprochent de la mort. Interrogation spirituelle qui se cache derrière la peur de ne plus être utile, aimable ou désirable, de ne plus avoir sa place dans le monde, d’être un poids pour la société.

Des voix se sont élevées récemment pour dénoncer cette exclusion dramatique des personnes âgées dans un monde « jeuniste », pour rappeler que la vieillesse est une ouverture et non pas une fermeture, qu’elle est une chance et non pas un fardeau pour la société. Elles disent l’urgence de changer notre regard sur ce temps de la vie, en lui accordant sa valeur propre.


La vieillesse n’est pas seulement un déclin. Elle n’est pas seulement le signe avantcoureur du tragique et du néant avant la mort. Pour ceux qui refusent de vieillir et s’accrochent désespérément à leur jeunesse, vieillir peut être vécu comme un naufrage, mais pour d’autres, qui savent se transformer avec l’âge, mûrir, s’alléger, et se détacher, la vieillesse n’est pas un effondrement. On se souvient de la manière dont Paul Ricoeur en parlait. Face aux deux fléaux qui la menacent, la tristesse et l’ennui, il proposait une stratégie : être attentif et ouvert à tout ce qui arrive de nouveau. Rester capable de ce que Descartes appelait l’admiration.C’est-à-dire rester jeune de coeur et d’esprit.

Contact : semaine-bleue@uniopss.asso.fr